Priorités de recherche

Le choix de chacune des priorités de recherche sur le cancer du sein s’est appuyé sur une quantité considérable de données, notamment grâce à l’apport des divers intervenants avant et pendant le Sommet national de recherche sur le cancer du sein tenu en 2008. On a également pris en compte les priorités identifiées et assemblées à l’échelle internationale, de même que les projets de recherche actuellement et nouvellement subventionnés au Canada et à l’étranger.

Les priorités de recherche ont été déterminées par suite d’un processus rigoureux de consultation afin d’assurer que chaque percée scientifique profite à la population canadienne et améliore la compétitivité du Canada en matière de recherche sur le cancer sur la scène internationale. Les domaines d’investissement suggérés sont regroupés selon des thèmes généraux et déclinés en priorités individuelles de recherche plus spécifiques.

Les six thèmes de recherche sont :
1. Mécanismes de développement du cancer 4. Progression et propagation du cancer
2. Détection et prédiction à l’échelle moléculaire 5. Aspects psychosociaux, survie et services de santé
3. Médecine personnalisée 6. Application des connaissances à la pratique

Les 17 priorités de recherche à fort impact énumérées ici sont regroupées par catégories CSC* et décrites selon les termes de leur code CSC.

REMARQUE : pour connaître tous les détails, veuillez vous reporter au chapitre 6 du document du Cadre national (actuellement disponible en anglais seulement).

* La Classification scientifique commune est un système utilisé par la plupart des organismes subventionnaires nationaux et internationaux pour classifier et catégoriser la recherche.

Priorités de recherche

Description

Le cancer est une maladie des gènes. Ce domaine de recherche portera sur l’identification des changements d’ordre génétique sous-jacents au déclenchement et à la progression du cancer. Une meilleure compréhension du rôle joué par les modifications génétiques et épigénétiques impliquées dans le cancer du sein de même que la découverte de nouveaux gènes de prédisposition au cancer du sein pourraient mener à l’amélioration de stratégies de prévention et de traitement de la maladie.

On pense que le déclenchement du cancer résulte de l’altération de l’appareillage moléculaire régissant le fonctionnement normal des cellules. Cette priorité de recherche visera l’étude de ces modifications et des facteurs qui les influencent, de même que sur les conséquences de telles modifications sur le déclenchement du cancer du sein. Les conclusions de ces travaux pourraient s’avérer précieuses sur le plan clinique par l’identification de voies moléculaires que pourraient éventuellement cibler de nouvelles interventions thérapeutiques afin d’empêcher le déclenchement du processus cancéreux.

Le cancer du sein métastatique entraîne la mort et demeure encore à ce jour mal compris. Par conséquent, si nous arrivons à déchiffrer le processus de l’invasion des cellules cancéreuses dans l’ensemble de l’organisme, nous devrions être en mesure d’élaborer de nouvelles stratégies de traitement du cancer du sein métastatique.

La recherche menée dans ce secteur prioritaire portera sur l’identification des facteurs de risque modifiables qui sont en cause dans le développement du cancer du sein. Cette information pourrait donner naissance à de nouvelles stratégies et interventions de prévention.

Certains gènes ou facteurs hormonaux sont liés au développement du cancer du sein chez certains groupes de personnes. Cette priorité de recherche explorera cette association de manière plus approfondie, et pourrait permettre la mise au point de nouvelles interventions ou de nouveaux traitements afin de réduire le risque de cancer du sein dans certaines populations.

Le rapport entre les gènes et les facteurs associés au style de vie (interactions gènes-environnement) pourrait jouer un rôle de premier plan dans le risque de cancer du sein. Dans ce domaine prioritaire, la recherche portera sur l’interaction de divers facteurs, par exemple la prédisposition génétique ou l’exposition à un certain environnement, sur le risque de développer un cancer du sein. Les fruits de ces travaux pourraient contribuer grandement à la création de nouvelles interventions visant à prévenir la maladie.

On ne cesse de découvrir des facteurs spécifiques qui influencent le risque de développer un cancer du sein, en particulier chez certains sous-groupes de population. La recherche dans ce secteur jugé prioritaire visera à mettre au point de nouvelles interventions axées sur les populations, qui pourraient réduire l’incidence du cancer du sein.

Cette priorité de recherche s’attachera à la conception de nouvelles approches de dépistage du cancer du sein et à la découverte de nouveaux outils permettant de poser des diagnostics plus précis et de proposer des traitements plus personnalisés de la maladie.

Les travaux effectués dans ce secteur prioritaire mèneront à la découverte et à la validation de nouveaux biomarqueurs. Ces nouveaux marqueurs biologiques de diagnostic fourniront de précieux renseignements en vue d’une caractérisation plus précise de la maladie. Les biomarqueurs prédictifs indiqueront la réponse du patient au traitement et pourraient permettre de mettre au point de nouvelles cibles thérapeutiques.

  1. Sous-types de cancer du sein
  2. Marqueurs prédictifs de la réponse au traitement

Après la découverte de nouveaux biomarqueurs, il faudra mener des essais cliniques pour vérifier leur utilisation en milieu clinique, en particulier pour certains sous-types spécifiques de cancer du sein. Les résultats de ces essais auront des répercussions importantes sur l’élaboration de nouvelles stratégies thérapeutiques personnalisées, car ils fourniront des informations permettant de prévoir la réponse au traitement chez des groupes spécifiques de patients atteints de cancer du sein.

Les patients atteints de cancer du sein ont besoin de traitements spécifiques et efficaces. Ce secteur de recherche prioritaire mettra l’accent sur l’élaboration de meilleurs traitements, en particulier pour certains sous-types de cancer du sein.

La découverte de nouveaux traitements prometteurs est suivie de leur mise à l’essai auprès de patients atteints de cancer du sein, dans le cadre d’essais cliniques et d’études connexes. La vérification et la mise en application de nouveaux agents thérapeutiques en milieu clinique de même que l’analyse des effets secondaires, de la toxicité et de la pharmacodynamie représentent une étape cruciale dans l’ensemble du processus permettant l’émergence de nouveaux traitements.

La recherche relative à la survie couvre plusieurs domaines scientifiques tels que la recherche biomédicale fondamentale (ex. : pour comprendre les mécanismes sous-jacents au développement d’effets secondaires à long terme de certaines techniques de traitement); la recherche clinique (ex. : tests en vue de réduire les effets secondaires à long terme des interventions; initiatives en matière de services de santé pour améliorer la qualité des soins aux survivants; essais aléatoires pour enrichir le corpus de données probantes sur les soins de suivi durant la survie); et études sur la population (ex. : pour comprendre comment les interventions de santé publique visant à améliorer le mode de vie peuvent influencer la situation des survivants du cancer).

La recherche en matière de qualité de vie pourrait mener à de nouvelles interventions permettant de garantir un mieux-être aux personnes atteintes de cancer du sein tout au long de l’évolution de la maladie et de favoriser l’adaptation psychologique au diagnostic de cancer du sein ainsi qu’aux effets du traitement.

Ce domaine de recherche concerne la qualité des soins, l’accès aux soins (y compris disponibilité et équité), de même que les facteurs liés aux variations de qualité et d’accès. Les études portent sur les conditions requises pour fournir des soins de qualité optimale dans tout le continuum du cancer (caractéristiques du réseau de la santé, amélioration du dépistage, réduction des temps d’attente pour le diagnostic, amélioration des soins en fin de vie). Ce secteur inclut également les études sur les préférences et les besoins des patients à toutes les étapes du cancer.

Les personnes touchées par le cancer de même que les membres de leurs familles et leurs aidants doivent aussi affronter des difficultés économiques. La recherche dans ce domaine pourrait s’attarder notamment aux répercussions financières d’un diagnostic de cancer; elle pourrait inclure l’évaluation des implications économiques et professionnelles à long terme pour les personnes atteintes de cancer du sein et leurs familles. Les résultats de telles études pourraient avoir d’importantes retombées pour l’élaboration de nouveaux services de santé et politiques de prestations de soins.

Les nouvelles initiatives dans ce secteur tenteront d’améliorer la transposition des découvertes scientifiques aux politiques et pratiques, et de déterminer quelles interventions d’application des connaissances sont les plus efficaces dans les cas de cancer du sein. Nous avons besoin de comprendre ce qui nuit à l’application fructueuse des résultats de la recherche sur le cancer du sein et ce qui au contraire peut favoriser cette transposition. La recherche déterminera également les meilleures stratégies de mise en œuvre des pratiques exemplaires en matière de soins du cancer du sein. Cela pourrait inclure notamment l’élaboration de nouveaux outils, approches et méthodes de communication afin de faciliter, par exemple, l’explication des différentes options thérapeutiques aux patients. L’amélioration significative de l’application des découvertes issues de la recherche à la mise sur pied de nouvelles politiques pourrait aussi avoir d’importantes répercussions pour les patients atteints de cancer du sein.

La mise en parallèle des données recueillies lors d’essais cliniques et des bases de données administratives du système de santé rend possible la poursuite d’études à long terme sur les questions de survie et de qualité de vie liées au traitement du cancer du sein. Cette forme d’appariement présente un potentiel intéressant puisqu’il est possible d’associer les données des essais cliniques (au cours desquels les patients ont été affectés au hasard à des schémas thérapeutiques précis) à des données administratives afin d’obtenir de l’information sur les résultats à long terme. Par exemple, en reliant un essai clinique mené en 1990 avec des bases de données administratives sur la santé à jour en 2005, on pourrait obtenir de l’information spécifique sur l’évolution de la santé des patients pendant une période de 15 ans, comparativement à une population témoin. Les études menées dans ce domaine fourniront des renseignements précieux pour le développement de stratégies thérapeutiques futures de même que pour l’amélioration de la compréhension des effets à long terme des traitements.

Nous avons besoin de nouveaux modèles animaux et cellulaires pour étudier certains sous-types spécifiques de cancer du sein et leur réaction au traitement, ainsi que pour explorer le développement et la propagation de la maladie.